Place des réseaux avecBouygues TelecomVerisign
 
 

François de la Chevalerie - Fondateur de China Messengers

"Avoir l’esprit réseau, c’est un bon début pour réussir en Chine"

China Messengers

Activité : Réseau d'entrepreneurs voulant s’établir en Chine
Implantation : Paris-Tianjin
Date de création : 2002
Nombre de membres : 20
Rémunération : Subventions de la ville de Tianjin, apports d’affaires
Forme juridique : Association loi 1901 et SARL
E-mail : info@chinamessengers.com
Tél. : 01 42 43 90 28

China Messengers est une joint-venture franco-chinoise conçue pour rénover et relancer tout un quartier de la ville de Tianjin. L’occasion pour son créateur François de la Chevalerie de créer un réseau de petits entrepreneurs tentés par l’aventure chinoise. Son initiative montre "qu’à petite entreprise, rien d’impossible", à condition toutefois de savoir travailler en réseau…

>>
>>

Comment est né China Messengers ?

Tout a commencé dans le cadre d’un programme d’échange au cours duquel des architectes chinois sont venus travailler 6 mois en France. Par la suite, la mairie de Tianjin nous a sollicités pour mener à bien la rénovation du quartier historique européen, composé de bâtiments datant du début du siècle dernier. Le projet comprend deux volets : construction et marketing. J’ai donc multiplié les contacts pour trouver des intervenants architectes et des petites entreprises susceptibles d’exporter leurs compétences et développer l’activité économique de cette rue centrale de 72000m2.


Parlez-nous de votre réseau…

Pour l'instant, il est essentiellement constitué de ces entrepreneurs français, motivés par les débouchés du marché chinois. Nous travaillons également à la création d’un réseau d'entreprises en Chine qui aura pour vocation de se constituer en groupement pour répondre à des appels d'offre ou saisir des opportunités de marché. Nous envisageons aussi la constitution à moyen terme d'un réseau technique sur les questions environnementales. C’est un thème porteur là-bas. D’ailleurs, un symposium sur les énergies et l'environnement devrait se tenir à Tianjin en mars 2006.


Raisonnablement, est-ce que le marché chinois est accessible aux très petites entreprises ?

Bien sûr ! Sous réserve de savoir s’orienter et de frapper aux bonnes portes car dans cet océan d’opportunités qu’est la Chine, on a vite fait de perdre pied ! La particularité de notre réseau et ce qui fait son efficacité, c’est de se concentrer sur un projet très précis et délimité. Nous travaillons exclusivement sur un quartier de Tianjin, dans le domaine du bâtiment et sur des programmes économiques et immobiliers, le tout sur un contrat de 5 ans. Les débouchés sont donc très concrets et aussi très variés : il y a tant à faire… Par exemple, comme il y a une pénurie de matériaux de construction, nous avons créé une société de traitement des vases de mer qui transforme la boue en brique. Le projet s’est développé à travers un partenariat entre l’École Centrale de Caen et des doctorants chinois.

Et pour toutes ces petites entreprises, la réussite est-elle au rendez-vous ?

Au sein du réseau, même des petits commerçants ont pu obtenir des succès spectaculaires. C’est le cas par exemple d’un coiffeur qui avec 150 000 € d’investissement est parvenu à créer une chaîne de 30 salons en 4 ans. Nous avons en ce moment une jeune pâtissière qui va ouvrir sa boutique dans notre rue et qui n’aurait peut-être pas eu les moyens de le faire en France. Nous avons également aidé la rédaction de Chineinfo.com à ouvrir une antenne en partenariat avec l’agence de presse Chine Nouvelle.


Comment vous faites-vous connaître par les membres de votre réseau ?

La Mairie de Paris nous aide en organisant des réunions d’information avec les CCI. En dehors de cela, notre principal média, c’est le téléphone arabe ! Il est vrai que pour nous trouver, il faut bien nous chercher, mais c’est le jeu. Si des entreprises nous contactent, c’est qu’elles effectuent une vraie démarche et qu’elles sont vraiment motivées. En faisant trop de publicité, nous serions envahis de demandes que nous n’aurions pas la capacité de traiter.


Quels services leur rendez vous ?

Nous montons les dossiers, nous leur proposons les services de notre partenaire China Langue Express pour l’apprentissage du chinois, nous les connectons entre eux au cours de réunions d’informations. Sans aller jusqu’à organiser des voyages de reconnaissance, nous mettons notre bureau de Tianjin à leur disposition pour leur apporter un soutien logistique sur place.


Quels conseils donneriez-vous à un petit entrepreneur désireux de se lancer en Chine ?

Il faut d’abord qu’il se débarrasse de certaines idées reçues. À commencer par le cliché du Chinois inhumain qui ne pense qu’à bosser ! Lorsque l’on vient vers eux, les Chinois sont extraordinairement accueillants, chaleureux et prêts à rendre service. Qu’ils entendent "Wo tsong fa guo laï" ("Je viens de France") et leurs visages s’illuminent ! En contrepartie, il faut accepter de s’engager avec la même générosité. Cela suppose en fait les mêmes qualités relationnelles que l’on doit développer quand on travaille en réseau. Les conseils que je peux donner tournent autour de cette qualité de contact humain qu’il faut savoir établir :
  1. Savoir communiquer : la base, c’est de se mettre au chinois. Même si l’on s’en tient à quelques rudiments, c’est un signe fort de bonne volonté que l’on donne à son entourage.
  2. Prendre son temps : il faut compter 8 mois environ pour bien monter son projet. Cela n’est pas un gros investissement. Avec 1000 € par mois tout compris, on vit très bien à Tianjin.
  3. Vivre la Chine, la vraie ! Mieux vaut partir seul à l’aventure. Se mêler à la population, vivre à son rythme, multiplier les rencontres. Passer par des organismes institutionnels, faire partie de délégations officielles, c’est plus confortable, mais c’est aussi s’exposer à rester entre Français et les choses n’avancent pas.

Les conseils de François de la Chevalerie aux créateurs de réseaux :

Ne cherchez pas à survendre votre réseau à des membres potentiels. Vous devez bien sûr expliquer la nature de votre projet, mais sans aller au-delà. Les membres doivent se déterminer par eux-mêmes et marquer leur propre motivation à s’y impliquer. Dans cette posture, vous éviterez les velléitaires dont la contribution restera faible et verrez venir d’abord à vous les candidats les plus motivés, prêts à jouer le jeu à fond.

Mise en ligne : mai 2005
 




Bons plans

Annuaire des réseaux