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Jean-Claude Guillemot - Fondateur du collectif « Un jour, Un artisan », restaurateur de céramiques

« Grâce à notre collectif, nous n’avons plus à choisir entre boutique et atelier »

Un jour, Un artisan

Activité : Collectif d’artisans d’art
Implantation : Paris
Date de création : 2001
Nombre de membres : 30
Site web : www.unjourunartisan.com

Il n’y a pas que les céramiques que Jean-Claude Guillemot restaure… Avec le collectif « Un jour, Un artisan », c’est notre perception de l’artisanat d’art qu’il actualise, en le remettant sur le devant de la scène. Comment ? En créant un pôle artisanal effervescent, pour donner plus de visibilité à ses membres. Pari réussi ! Il rassemble aujourd’hui 30 artisans d’art de la France entière et d’ailleurs, gère 5 boutiques à Paris et collectionne les prix ! Entrez dans les coulisses de ce réseau qui sort du lot.

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Comment vous est venue l’idée de créer le collectif « Un jour, Un artisan » ?

J’avais une boutique à Paris. Mais par nécessité je passais le plus clair de mon temps dans mon atelier de restauration. Résultat : le rideau de ma boutique restait souvent baissé. Un vrai gâchis quand on connaît le prix d’un loyer à Paris... Or tous les artisans rêvent d’avoir une vitrine, c’est vital pour eux. Sans parler des gens du quartier et de certains clients qui ronchonnaient : « C’est bien beau votre boutique, mais vous n’êtes jamais ouvert ! » Voilà comment j’ai eu l’idée de partager mon local avec d’autres artisans. Depuis nous avons réanimé tout le quartier ! Nos boutiques rassemblent aujourd’hui ferronnier d’art, sellier maroquinier, horloger, restaurateur de tableaux, de faïences et de céramiques, etc… Chaque artisan tient boutique un jour par semaine pour vendre et vanter les objets exposés. Les siens et ceux des autres. Un service minimum, pour un business à temps plein.

Comment êtes-vous structurés ?

En association loi 1901, c’est ce qu’il y a de plus simple. Au départ nous n'avions qu’une seule association. Nos réunions abordaient donc une multitude de sujets, parfois dans le désordre. Un peu comme dans des assemblées de copropriétaires pinailleurs… Nous avons donc scindé l’association en deux. La première, « Un jour, Un artisan », élabore la stratégie du collectif et décide de ses orientations. Elle compte deux types d’adhérents : les « locataires associés » qui exposent en boutiques, et les « sympathisants » qui participent juste aux événements.
La seconde, « Extempo », collecte les subventions et les répartit selon les objectifs fixés par les artisans. Plus globalement elle encadre nos activités. C’est une sorte de comité de pilotage qui réunit des professionnels de tous horizons, amateurs d’art. Ce sont des « pros de la gestion », habitués à prendre rapidement les bonnes décisions. Cette distribution des rôles évite les conflits liés à l’argent et nous permet d’être plus efficaces. Les artisans font de l’artisanat, les gestionnaires managent !

Comment vous faites-vous connaître ?

Comme nous n’avons pas les moyens de faire de la publicité et de la promotion tous azimuts, nous cherchons à attirer l’attention par d’autres moyens. Notamment en multipliant notre présence dans les événements ou les salons professionnels. En plus, nous organisons nos propres « rendez-vous à ne pas manquer ». Le plus souvent il s’agit de mettre un artiste à l’honneur. Avec l’autorisation de la mairie, qui apprécie notre dynamisme, nous bloquons notre rue pour l’ouvrir à la fête avec orchestre, buffet et bonne humeur. Des occasions en or pour réactiver le bouche-à-oreille. Nous allons bientôt inaugurer un nouveau concept : « la Nuit Blanche de la rue Violet ». Par ailleurs nous communiquons beaucoup auprès d’institutions et sans complexes : mieux vaut parler au bon dieu qu’à ses saints. Enfin nous créons actuellement une troisième association. Elle se chargera de notre communication, à travers l’édition d’une revue…sur nous ! Parce qu’on est jamais mieux servi que par soi-même…Cette revue sera distribuée aux membres de notre listing clients commun, à nos institutionnels (mairie et autres) et dans les grands hôtels parisiens.

Prix de la performance commerciale en 2003 et Trophée du dynamisme en 2004. : comment expliquez-vous un tel succès ?

Le plus important est de s’assurer de la réelle implication de tous. Cela nécessite une parfaite connaissance mutuelle des membres et de leurs techniques d’ouvrage. Car comme un artisan finit toujours par banaliser son travail, lorsque c’est un autre artisan qui en parle, il en parle mieux et de manière plus attractive. Voilà comment dans nos boutiques, les uns sont les garants des ventes des autres ! Et gratuitement s’il vous plait, sans aucune commission ! Tout est fondé sur la confiance et le respect, mais surtout le partage du même esprit associatif. D’où l’importance que nous accordons au recrutement pour maintenir notre unité.

Justement, comment fédérer des artisans aux fortes personnalités, et domiciliés aux quatre coins de l’hexagone ?

En tant que médiateur, j’essaie de voir tous les membres le plus souvent possible. Sinon, notre fonctionnement est assez classique : réunions formelles et informelles, Assemblées Générales… Mais surtout nous multiplions les événements communs. C’est le meilleur moyen de se mobiliser et de sentir immédiatement les retombées positives de notre réseau. Au « salon du patrimoine » par exemple, avoir un stand commun nous a permis de générer un plus gros volume d’affaires. Le fait d’être structuré rassure. Et pas seulement les acheteurs ! Les institutions qui nous subventionnent y sont aussi sensibles ! Nous avons ainsi pu obtenir un label nous consacrant « représentants officiels de la France pour l’artisanat » pour la prochaine exposition des métiers d’art en Russie. Sinon, vous savez, quand tout le monde a plaisir à travailler ensemble, s’investit sans contrainte, et sent les résultats « palpables », les membres se fédèrent d’eux-mêmes !

Les conseils de Jean-Claude Guillemot :

Travailler ! Un réseau, c’est comme une entreprise, ce n’est pas du tout cuit. Il faut donner de son temps et de soi-même, pour qu’il porte ses fruits…
Côté administratif, essayez de créer des statuts simples et légers, pour vous sentir libre dans vos initiatives. Par contre rédigez un règlement intérieur costaud. Pour tout cela demandez éventuellement l’aide d’un avocat.
Prenez le temps de bien recruter vos membres. Assurez-vous qu’ils aient l’état d’esprit communautaire et associatif. C’est la condition sine qua none pour établir des relations de confiance et dépasser les différences.




[L'Annuaire des réseaux]
A consulter : Artisans - Réseaux d'artisans d'art

Mise en ligne : novembre 2005
 




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