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Jean-Éric Valli - Président des Indépendants

Comment se regrouper pour devenir un réseau d’indépendants aussi connu qu’une grande entreprise ?

Les Indépendants

Activité : Groupement de radios locales
Implantation : Orléans (45)
Date de création : 1992
Nombre de membres : 110 radios locales
Contact : jevalli@startfm.com
Site web : www.lesindependants.com

Jean-Eric Valli, nous livre ses recettes. Il préside aujourd’hui « Les Indépendants », un rassemblement de 120 radios locales, leader en audience devant RTL.

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Pourquoi avoir créé les Indépendants ?

Nous avons ressenti le besoin de créer un rassemblement de radios locales quand les radios nationales ont commencé à récupérer tous les annonceurs nationaux. Ces derniers préféraient évidemment négocier avec une seule radio plutôt qu’avec cinquante ou cent radios locales. Nous avons décidé de créer une alternative en nous regroupant et en proposant une tarification unique pour l’ensemble du réseau et en commercialisant ensemble notre espace.


Comment s’est déroulée la création du réseau ?

Au tout début nous étions 4 radios et nous avions lancé une première tentative qui a échoué assez rapidement. Les radios locales avaient encore des clients nationaux et pensaient pouvoir les garder en tenant leurs tarifs. Mais 3 ans plus tard, elles avaient perdu beaucoup de leurs annonceurs et nous n’avons eu aucun mal à les convaincre de nous rejoindre. Pour elles, nous étions à ce moment-là, la promesse de chiffre d’affaires additionnel.
Après avoir fédéré une quinzaine de radios autour de notre projet, nous avons consulté un avocat pour savoir quelle structure juridique serait la plus appropriée et nous avons constitué les statuts du GIE en juillet 1992.


Concrètement, comment gérez-vous les recettes publicitaires ?

Une régie publicitaire commercialise l’espace publicitaire de tout le réseau. Ensuite, la répartition des recettes est très simple, les radios sont rémunérées au prorata de l’audience qu’elles rapportent.



Quels sont les bénéfices pour les radios membres ?

Avec le GIE, nous avons bénéficié d’une augmentation sensible des recettes publicitaires et chaque radio a pu profiter des retombées. La prospection est aujourd’hui beaucoup plus facile car nous sommes l’offre radio qui revendique le plus d’auditeurs en France, leader devant RTL et Radio France, dispositif incontournable pour les annonceurs !


Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

Tout d’abord, les premières radios du GIE ne comprenaient pas l’intérêt de recruter de nouveaux membres, elles craignaient de se trouver plus nombreuses à partager les mêmes recettes publicitaires. Il a fallu les convaincre du contraire. En effet, plus le nombre de radio augmente, plus il y a d’audience, plus les clients sont nombreux et prêts à investir dans le groupe. Au fil des années, le chiffre d’affaires par auditeur n’a cessé d’augmenter.
Ensuite, certaines radios se croyaient indispensables au GIE et ont réclamé des avantages particuliers. C’était absolument inconcevable et contraire au principe d’une collectivité ! Nous nous sommes toujours tenus à une seule règle, les radios sont toutes payées au prorata de l’audience.


Avez-vous des motivations autres que financières ?

Créer une communauté d’entrepreneurs qui se ressemblent, sur un projet d’indépendance et partageant une même vision du métier. Le groupement n’est pas uniquement à but financier, c’est aussi une démarche et un état d’esprit communs.
Enfin, le GIE, permet de rompre l’isolement des radios qui bénéficient du partage de bonnes pratiques et de notre savoir-faire. Pour l’incarner nous avons par exemple créé une Université de la radio.


En quoi consiste cette Université de la radio ?

Il s’agit d’une formation pour les nouvelles radios entrant aux Indépendants. Un module sur deux jours où nous revoyons comment créer un programme de radio type : quel habillage d’antenne, quels jingles, quel horloge de diffusion, quel logiciel choisir, comment bien traiter la publicité à l’antenne, etc. Le but est d’optimiser leur façon de faire de la radio. Puis nous nous rendons sur place pendant 5 jours, pour superviser les opérations selon les orientations définies. Nous essayons de corriger les mauvaises habitudes, notamment quand il y a d’anciens collaborateurs, réfractaires aux changements. Ce sont des choix difficiles à appliquer de l’intérieur et nous sommes là pour apporter un avis extérieur et expérimenté.


Quels sont vos critères de sélection pour recruter de nouvelles radios ?

Il y a un ensemble de critères techniques et juridiques pour que les radios puissent entrer dans le cadre du GIE mais surtout, nous cherchons des radios dont les idées, les pratiques du métier correspondent aux nôtres. Une radio qui chercherait à se vendre à une grande station ou qui serait très critique vis-à-vis de la publicité n’aurait pas de place chez nous.


Quels projets comptez-vous mettre en place ?

Nous souhaitons encore améliorer la qualité des stations pour continuer à gagner en audience et mettre en place une veille tarifaire pour défendre nos revenus. Enfin, nous comptons développer un système informatique de diffusion de la publicité avec un feed-back, que les radios nationales ne proposent pas. Cette innovation, aucune des radios du GIE n’aurait pu la réaliser individuellement !

Le conseils de Jean-Éric Valli :

Ne jamais entrer dans les rivalités entre membres potentiels du groupe. C’est une véritable perte de temps !
Il y a des règles, ils les connaissent. À eux de les appliquer, sans passe-droit.
Il s’agit de dépasser ces querelles de clocher avec des objectifs communs, valorisés, tant en termes de revenus que de progrès professionnel.



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Dossier : Le Loiret : au centre de la France, au cœur des réseaux !

Mise en ligne : juin 2006
 




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