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Minuit moins dix - Olivier Valentin

"La première règle à suivre pour motiver ses troupes, c'est la règle du jeu"

 

Minuit moins dix

Activité : création d’événements ludiques et interactifs
Implantation : Paris
Date de création : 11/08/2000
Effectif : 2 personnes + freelance sur projets
Forme juridique : SARL
CA : 53 600 Euros(2000 + 2001)
(300 000 1ere année,1M5 2e)
Site web : www.minuitmoinsdix.com

Qui détient les clés du meurtre au manoir ? Le directeur des achats ou l'assistante  du service marketing ? Quelle équipe de vente sera la première à conclure l'affaire du métro fantôme ? Non, vous ne faîtes pas une pause Cluedo déguisé en colonel Moutarde, vous êtes  en plein séminaire de formation avec vos collègues de bureau. En évoluant dans un monde inconnu, vous changez vos repères sous l'égide de Minuit moins dix, une société spécialisée dans la création d'événements ludiques et interactifs pour les entreprises. Team bulding, lancement de produit, fusion d'entités, stimulation des ventes, quel que soit le problème à résoudre, avec Minuit moins dix, il y a toujours un scénario qui permet de trouver des solutions efficaces pour mieux travailler ensemble. Alors, à qui profite le crime ?

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Olivier Valentin, que dites-vous à un client pour le convaincre d'investir quelques milliers d'euros pour faire jouer ses collaborateurs avec vous ?

Je lui démontre qu'une personne qui se prend au jeu atteint un degré de motivation supérieur  par rapport à son contexte professionnel habituel et qu'elle assimile d'autant plus les notions auxquelles nous voulons la sensibiliser qu'elle se met à les vivre physiquement et intensément. Tous les professionnels de la formation qui utilisent nos mises en scène peuvent en témoigner, ainsi que les sociétés telles que Karcher, Monoprix, Shell ou Hachette qui ont recours à nos services.

Quels grands buts poursuivez-vous dans vos différents scénarios d'animation?

Créer de la cohésion entre différents groupes au sein de l'entreprise, travailler  l'écoute, développer la communication entre individu au sein d'un groupe, donner des méthodes pour la collecte ou le traitement de l'information. À la faveur d'une enquête policière, c'est édifiant de comparer les différents modes de raisonnements et d'actions, selon les profils et les fonctions des collaborateurs, de permettre à chaque service de mieux se repérer par rapport aux autres en fonction des aléas du  jeu. Nous favorisons les similitudes de comportements entre un détective et un manager :  quête de l'information, esprit de déduction, travail d'équipe. D'autre part, nos mises en scène font travailler chaque équipe sur la conception et l'application de stratégies collectives.

Vous aviez 25 ans lorsque vous avez créé Minuit Moins Dix, qu'est-ce qui vous a incité à vous lancer si vite dans cette activité si particulière ?

J'aurais voulu commencer encore plus tôt ! En école de commerce, j'avais déjà fait mon mémoire de fin d'étude sur ce projet. Je savais que je voulais entreprendre et réaliser mon idée, mais je sentais que les conditions du succès n'étaient pas encore réunies.  J'ai passé un an chez Ubi Soft France où j'ai travaillé sur le contenu du site Internet : une excellente opportunité pour développer ma culture des jeux, étudier des scénarios, inventer des personnages ou des situations. C'est pendant cette période que j'ai rencontré mon associé  Frédéric Rivet. Sa formation de graphiste et son expérience dans une agence de motivation par le sport l'ont amené naturellement à s'intéresser à la même idée. Nous avions tous les deux participé à des jeux de rôles durant nos loisirs et nous partagions le même étonnement devant les effets que produisent les jeux sur leurs participants. En professionnalisant la démarche, nous étions convaincus de lui  trouver de nombreux débouchés pour faciliter les relations humaines dans l'entreprise.

Dans un tandem comme le vôtre, comment se distribuent les tâches ?

Par chance, nous avons des talents et des envies parfaitement complémentaires. Je m'occupe du développement commercial, de la rédaction des textes des différents documents remis lors d'un événement. Frédéric aime produire le jeu et ses différents éléments (accessoires, documents, décoration,…), contrôler l'avancée des travaux et s'occupe des aspects administratifs. Par contre, lorsqu'il s'agit de concevoir une nouvelle aventure, nous reformons notre équipe, parfois avec l'appui d'un comédien.

Comment prospectez-vous ?

D'abord, il faut nous représenter comme des VRP permanents et exclusifs de notre société.  C'est le bouche-à-oreille, le marketing viral qui génèrent l'essentiel de nos contacts. Nous avons la chance d'exercer une activité qui suscite immédiatement la curiosité et l'intérêt. Même au cours d'une soirée privée, nous pouvons parler boulot sans ennuyer personne. Cela crée même un sujet de conversation en général très animé. Nous avons créé un site Internet qui remonte aussi pas mal de contact.

Quelle importance les réseaux ont-ils pour le développement de votre activité ?

Bien travailler nos réseaux est un facteur-clé de succès. Sur le plan commercial, il y a bien sûr tous les anciens de l'école EM Lyon, les prescripteurs comme les agences de communication ou les cabinets de formation, mais aussi les anciens clients qui peuvent reconduire une opération pour leurs équipes ou nous ouvrir d'autres portes dans leur entreprise. Il nous faut aussi recruter en permanence des partenaires potentiels. Dans l'événementiel, l'activité est irrégulière, très saisonnière. Pour maintenir la société à flot, il faut éviter d'alourdir les structures. Une opération peut ponctuellement demander le recrutement de plusieurs dizaines de personnes, avec des compétences variées : comédiens, techniciens du spectacle, décorateurs, graphistes, animateurs sportifs, etc. À nous d'avoir la capacité à constituer rapidement ces équipes et assurer une coordination parfaites des intervenants. En ce sens, l'animation de réseau est un savoir-faire à la fois exigeant et crucial car elle a un impact direct sur la qualité de votre prestation et sur votre image de marque.

Comment imaginez-vous la suite pour les 5 ans qui viennent ?

D'abord être reconnus par nos différents publics comme les spécialistes de ce type d'animation. Ensuite faire évoluer nos structures de façon très raisonnée. Enfin, développer le co-branding avec les agences et les cabinets qui ont un fort potentiel de diffusion de nos produits, ce qui suppose de définir les modes contractuels de partenariats.

Pensez-vous dès maintenant à la revente de votre entreprise ?

En 2000, si j'avais voulu créer une entreprise dans cette optique, j'aurais plutôt créé une start up, non ?

Les conseils d'Olivier Valentin aux créateurs de réseaux :

Le premier commercial d'une petite entreprise, c'est le plus souvent son dirigeant. Vous devez être capable de présenter votre activité de façon convaincante, selon des formats variés, entre 10 secondes et 10 minutes dans toutes les circonstances possibles : en clientèle, mais aussi dans des rencontres professionnelles ou des réceptions privées. Si vous avez le sens de la formule, de l'anecdote, vous donnerez envie à vos interlocuteurs de parler de vous autour d'eux.

Définissez bien clairement avec votre associé vos spécificités et ce que vous souhaitez gérer en commun. Revoyez régulièrement cette répartition, notamment dans les phases de croissance d'activité.

Tenez à jour le fichier de vos différents réseaux. Créez des opportunités de contact régulières et pas seulement lorsque vous avez un besoin particulier : par exemple, e-mail sur une opération réussie, articles intéressants, liens vers un site ou une newsletter utiles…

Mise en ligne : juin 2004
 




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