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Henry-Michel Rozenblum - Secrétaire Général de VDN

"Le GIE reste le mode d’organisation le plus simple pour des entreprises qui souhaitent se développer en restant indépendantes"

VDN

Activité : GIE créé en décembre 2002, regroupant 20 éditeurs de logiciels et sociétés de services informatiques (400 collaborateurs)
Président : Eric Boublil (également gérant d’I.N. Concept)
Secrétaire Général : Henry-Michel Rozenblum (également président d’ODAR Technologies)
Site : www.vdn.fr

L’acquisition et le maintien à niveau de nouvelles compétences en informatique nécessitent des investissements de plus en plus lourds. C’est à la suite de ce constat que plusieurs sociétés de services informatiques et des éditeurs de logiciels ont décidé d’unir leurs forces au sein d’un Groupement d’Intérêt Economique : VDN. Constitué en décembre 2002, le groupement rassemble aujourd’hui 20 sociétés d’informatique spécialisées dans le service aux PME. Henry-Michel Rozenblum, Secrétaire Général, nous explique le fonctionnement de ce GIE et détaille les bénéfices qu’en tirent ses membres.

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Qu’est ce qui a poussé des SSII et des éditeurs de logiciels à se regrouper au sein d’un GIE et à créer VDN ?

L’union fait la force ! Les membres de VDN sont essentiellement des petites entreprises d’envergure régionale.
Individuellement, elles n’avaient pas toujours les moyens de s’attaquer au marché national alors que leurs produits les y destinaient.
Créer un GIE a donc été l’occasion pour elles d’accroître leur potentiel commercial. Quand on est une grosse structure, il est souvent plus aisé de rassurer les clients quant à la pérennité des projets et d’être en position de force dans les négociations avec les fournisseurs.
 


Pourquoi avoir choisi le GIE plutôt qu’une autre forme juridique pour se regrouper ?

Un GIE, ce sont tous les avantages d’une entreprise sans les lourdeurs. Comme une entreprise, un GIE a des statuts déposés et peut effectuer des actes de commerce. C’est une structure qui est reconnue, aussi bien par les clients que par les partenaires.Mais son organisation reste bien plus simple que pour une SA ou une SARL : un avantage quand il s’agit de se développer rapidement.
Bref, le GIE est aux entreprises ce que l’association est aux particuliers : un moyen simple, économique et efficace de se regrouper. Son fonctionnement ne nécessite pas forcément un capital de départ.


Est-ce compliqué de créer un GIE ?

Pas du tout : les formalités administratives sont très simples. Le plus dur et le plus important, c’est de se mettre d’accord sur les objectifs. Cela implique que les entreprises qui souhaitent s’organiser en GIE prennent bien le temps d’échanger leur point de vue et de partager leurs motivations.


On définit habituellement un GIE comme « un groupement de moyens ». Dans le cas de VDN, quels sont les moyens qui ont été mis en commun ?

  • D’abord, il y a les achats. VDN n’est pas une centrale d’achats, mais signe des contrats cadres avec les fournisseurs. Le GIE se charge des négociations et après, chaque entreprise du groupement commande directement aux fournisseurs, sans passer par un intermédiaire mais en profitant de conditions de vente avantageuses.
  • Le marketing aussi a été mutualisé : que cela soit dans la presse, sur internet avec notre site ou lors des salons professionnels, la communication des entreprises du groupement passe par VDN.
    Le GIE se charge également du recrutement de nouvelles entreprises. Cette année, nous sommes passé de 12 à 20 entreprises membres. Chaque recrutement a nécessité un important travail d’approche, travail qui a été accompli par le groupement.
  • Un autre moyen mis en commun, ce sont les compétences complémentaires de ses membres. Cela permet à chaque entreprise de VDN de sous-traiter au sein de GIE une partie de sa commande quand celle-ci exige des compétences qu’elle ne possède pas. Elle peut donc s’appuyer sur les compétences des autres entreprises du groupement pour élargir son offre de prestations.
  • Enfin, VDN permet d’assurer plus efficacement et à moindre coût une veille technologique. Ainsi, pour répondre à la demande croissante de prestations concernant les postes de travail sous Linux, VDN a créé une Commission de veille technologique sur Linux et les « logiciels libres ». Un spécialiste de ce système d’exploitation y anime le partage de compétences dans ce domaine.
  • D’une façon générale, un GIE permet de réduire de nombreux coûts. Par exemple, aujourd’hui les 20 entreprises membres de VDN ont chacune leur compagnie d’assurance, avec des prestations très différentes. Nous souhaitons donc uniformiser nos contrats d’assurance et avoir un assureur commun et des prestations identiques. Une des entreprises de VDN est un éditeur de logiciels pour les sociétés d’assurance. Il se charge de nous négocier la meilleure offre et anime pour se faire notre Commission Assurances.

Avez-vous des outils ou des documents de référence pour bien travailler ensemble ?

Nous avons élaboré une Charte de Qualité. Cette charte comporte deux volets. Le premier concerne les rapports des membres de VDN entre eux. Il instaure des règles de déontologie à respecter, notamment sur l’échange business : si vous sous-traitez une partie de votre commande à un autre membre, celui-ci ne doit pas vous piquer votre client ! L’autre volet est tourné vers nos clients. Il s’agit, afin de donner confiance à nos clients dans la qualité de nos produits et de nos services, d’instaurer des critères de qualité quant aux prestations fournies. Là encore, l’élaboration, la rédaction et l’amélioration de cette charte ont été confiées à une Commission.


VDN recrute régulièrement de nouvelles entreprises… Pourquoi ?

Pour couvrir d’une façon relativement exhaustive et au niveau national les différents métiers de l’informatique à destination des PME. Nous estimons qu’il nous faudrait pour cela être environ une quarantaine d’entreprises, un objectif que nous comptons atteindre en 2006. C’est pourquoi VDN recrute une à deux nouvelles entreprises par trimestre.


Comment vous y prenez-vous pour recruter de nouveaux membres ?

Nous avons mis en place des critères de sélection, en concordance avec l’objectif de VDN qui est de juxtaposer des valeurs ajoutées complémentaires. Pour nous intéresser, une société informatique doit permettre au GIE d’étendre sa couverture géographique, de développer des expertises métiers ou d’acquérir de nouvelles compétences technologiques. D’autre part, elle doit avoir au minimum trois ans d’ancienneté et faire au moins 40 % de son Chiffre d’Affaires dans les services. Quand nous repérons une entreprise qui correspond à notre recherche, nous la démarchons et, si elle est intéressée, l’aidons à constituer un dossier de candidature. Ce dossier est envoyé à tous les membres du groupement. La société candidate se présente alors aux entreprises du GIE, à l’occasion d’une réunion du Comité de Pilotage. Puis il y a un vote qui, pour que l’entreprise soit acceptée, doit être à l’unanimité. Chaque entreprise membre du groupement a donc un droit de veto mais en retour cela créé une solidarité assez forte entre les membres : si vous êtes au sein de VDN, c’est que tout le monde l’a voulu !


Parlons financement… D’où VDN tire-t-il ses ressources ?

VDN n’a pas été doté d’un capital lors de sa création et se finance avec les cotisations de ses adhérents. Ces cotisations sont de 1000 euros par an et par entreprise, ce qui est peu… surtout par rapport aux économies que les entreprises adhérentes réalisent en retour ! Pour les nouveaux venus, la cotisation est de 3000 euros la première année. L’instauration de ce « droit d’entrée » nous a permis de dissuader les entreprises peu motivées de venir encombrer notre groupement et par là même de gêner son fonctionnement.


Comment fonctionne VDN ?

Il y a bien sûr une assemblée des membres qui, comme dans tout GIE, se réunit une fois par an, notamment pour approuver les comptes. Mais le « pilotage » de VDN se fait plutôt lors de réunions qui ont lieu tous les deux mois et qui sont obligatoires pour tous les membres du groupement. C’est là qu’un bilan de l’action de VDN est dressé et que sont prises les décisions concernant les projets à venir. Entre deux réunions de ce Comité de pilotage, des Commissions Permanentes se réunissent, souvent par conférence téléphonique ou vidéo.


Quel est le but de ces Commissions ?

Elles ont chacune un objet bien défini. Il y a une Commission des Achats, dont l’objectif est de concentrer nos fournisseurs pour obtenir de meilleurs prix, une Commission Juridique, chargé notamment d’uniformiser nos contrats clients et une Commission Communication. La souplesse d’organisation propre au GIE nous permet également de créer des Commissions Temporaires. Ainsi, actuellement, nous avons une Commission Poste de Travail et une Commission consacrée aux Assurances.


Comment s’effectue le suivi de VDN et qui s’en occupe ?

Pour qu’un GIE fonctionne bien, il est nécessaire de mandater une personne qui se consacrera à tous les aspects de sa gestion et son développement. C’est une des clés de son succès. En l’occurrence, je suis cette personne et le GIE rémunère mon activité. J’assure la gestion des affaires courantes et m’occupe du développement du groupement toute l’année. J’ai un statut spécial au sein de VDN : mon entreprise ne fait pas partie du GIE. Cela constitue plutôt un avantage pour le groupement : dégagé des contingences, j’ai une vision plus globale et plus de disponibilité.


Est-ce que vous vous servez du GIE pour facturer vos clients ?

Pas pour le moment. La facturation est assurée par chaque entreprise membre. En fait, dès que VDN reçoit une demande d’un client, il la redirige vers l’entreprise du groupement qu’il estime être la plus compétente pour y répondre. En cas de doute, la demande est publiée sur notre intranet, afin que les entreprises intéressées puissent y répondre. L’entreprise qui a exécuté la commande facture alors directement ses prestations, comme elle le souhaite : nous n’avons pas encore unifié nos tarifs. Pour régler la sous-traitance au sein du groupement, nous avons bien sûr mis au point un système de commissions pour apport d’affaires. À terme, la facturation unique au nom du GIE pourrait s’envisager…


Quel bilan les entreprises membres de VDN peuvent-elles tirer de l’action du groupement ?

Aucune d’entre elles n’a quitté le groupement depuis sa création, il y a maintenant bientôt deux ans, ce qui prouve bien qu’elles en sont satisfaites.
Sur le plan financier, elles ont évidemment le sentiment d’avoir fait une bonne affaire car, même si ce n’était pas le but recherché, elles ont largement remboursé leurs cotisations grâce aux économies qu’elles ont réalisées sur leurs achats.Mais le principal, c’est que l’échange de technologie et de business au sein de VDN s’est développé.

Les conseils d’Henry-Michel Rozenblum aux créateurs de réseaux :

Sélectionnez avec soin les entreprises avec lesquelles vous allez vous s’associer.
Elles doivent être en bonne santé financière : deux sociétés qui vont mal n’iront pas mieux en s’associant ! Leurs compétences doivent se compléter et être en conformité avec les objectifs du GIE.

Déterminez clairement l’objectif du GIE.
Cet objectif ne devra jamais être perdu de vue. Il permettra d’évaluer les progrès du développement du GIE et l’intérêt d’entreprises souhaitant adhérer au groupement.

Définissez bien l’apport de chacun.
Chacun doit évaluer avec lucidité et honnêteté ce qu’il peut apporter au groupement et ce qu’il est en droit d’espérer en retour. Le GIE est une auberge espagnole : comme il n’y a pas de capitaux, la seule valeur qu’on y trouve c’est celle que chacun apporte !

Confiez la direction du GIE à une seule personne (ou entreprise).
Pas de mission partagée ! Pour éviter la confusion des rôles, une seule personne devra être mandaté pour porter le projet, en assurer la gestion et la montée en puissance.

Sachez faire preuve de patience : ce n’est qu’une fois la confiance établie entre les équipes que les objectifs ambitieux (transfert de compétences, gestion commune d’un client, …) pourront être atteints. En attendant, fixez des objectifs atteignables à court terme (économies sur les achats par exemple) afin d’obtenir des résultats rapides et d’initier une dynamique gagnante.



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Le GIE : pour se développer en restant indépendant


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A consulter : Réseaux de professionnels des technologies de l’information

Mise en ligne : déc. 2004
 




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