Le mouvement
Faite pour ne dire que l’essentiel et tributaire d’un temps limité, la synthèse doit user à la fois d’un style vivant et d’un rythme soutenu. Contrairement à certains discours académiques qui se plaisent à retarder la formulation d’un problème ou l’émergence d’une solution, la synthèse donne rapidement les idées clés et surtout vous permet, comme on l’a vu, de saisir vite et bien une question dans son ensemble. Cette impression de mouvement, le style lui-même, doit contribuer à le renforcer : faites en sorte qu’il soit actif, direct, concret.
Adressez-vous donc directement à votre public, faites usage de l’impératif, faites le participer en pratiquant l’interrogation, la structure « question – réponse » et abandonnez, autant que possible, les tournures impersonnelles « il serait souhaitable de… », « il importe… », chères au style administratif, et servez-vous encore moins de la voix passive, si peu conforme aux habitudes de la langue française.
Prenez connaissance des différentes synthèses figurant dans ce manuel et prêtez attention aux verbes, aux tournures, aux phrases, pour repérer tout ce qui peut conférer à une pensée entrain et mouvement. Un débit relativement rapide s’impose donc, ce qui suppose en contrepartie, pour ne point compromettre l’écoute et la compréhension, une articulation parfaite, avec l’obligation de s’arrêter sur quelques points essentiels, parfois pour détacher quelques syllabes, pour annoncer un plan, ou pour mettre en relief une interrogation.
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Cet article a été tiré de : Faire la Synthèse d’une réunion, d’un dossier, d’un entretien d’Alain Benoit, Dunod 2004.