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Réseaux sociaux et comportements tribaux



La cohésion de la tribu est assurée par rapport à son intérieur et son extérieur

Cohésion par rapport à son intérieur

Le langage comme ensemble de signes est une des premières caractéristiques distinctives de la tribu car c’est lui qui relie les individus qui composent le groupe et c’est lui qui exclut ceux qui n’y appartiennent pas. A titre d’exemple mentionnons l’écriture SMS utilisée par de nombreux adolescents notamment sur les Skyblogs : le langage utilisé est clairement un signe distinctif, il permet de reconnaître instantanément ses amis, ceux qui appartiennent à la même tribu que soi, il permet également de se faire reconnaître des autres.

Les affects sont utilisés par la tribu pour maintenir sa cohésion interne. Deux sentiments notamment permettent cette cohésion : la fierté et la honte. La fierté est étroitement liée à l’appartenance : le blogueur par exemple qui aura dévoilé une vidéo buzz à l’ensemble de ses amis qui l’approuvent ressentira un sentiment de fierté et d’appartenance au groupe.

La honte doit également permettre la stabilité au sein de la tribu : chaque membre doit être crédible au sein du groupe sous peine d’être exclu et d’en avoir honte. Ainsi il existe un effet de norme sociale au sein du groupe : les individus vont adopter les positions en fonction de ce qu’ils croient que les autres croient afin de préserver leur image au sein du groupe.

Cohésion par rapport à son extérieur

Une tribu se définit également en contraste par rapport à son extérieur : c’est-à-dire par rapport à ce qui ne lui appartient pas : « les autres », la frontière qui instaure la différence entre « eux » et « nous ». Une logique manichéenne s’instaure : ce qui permet à des internautes de dire "ceci est à nous" légitime les autres à en faire autant et à dire « ceci n’est pas à nous ».  Une dynamique de surenchère peut facilement voir le jour dans ce contexte. On l’observe tous les jours dans le domaine politique, social et économique, il en est de même sur l’Internet.

Un comportement tribal ne nécessite pas forcément que les membres se connaissent physiquement. Le nous peut se définir par rapport à l’autre. Des personnes qui ne se connaissent pas mais qui partagent un fort sentiment d’appartenance peuvent se « liguer » entre eux. Les nouveaux outils de communication qui relient les individus peuvent changer l’audience en « bande » et engendrer des comportements tribaux.

A titre d’exemple, lors d’une conférence, Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, est interrogé par une journaliste. De nombreuses personnes qui assistent à la conférence depuis la salle sont mécontentes des questions posées par la journaliste. Or elles communiquaient entre elles via l’outil de micro-blogging Twitter.
Ainsi chaque personne isolée qui bénéficiait de Twitter connaissait en temps réel le sentiment des autres personnes ce qui a créé une « humeur » collective de l’assistance. Celle-ci évoluait au fur et à mesure de l’entretien et, versatile, passait par des exaltations de mécontentement ou de contentement beaucoup plus fortes que si les individus n’étaient pas reliés entre eux.  Les personnes qui n’avaient pas accès à Twitter ne comprenaient pas pourquoi l’humeur de l’assistance évoluait.
Il est donc intéressant dans cet exemple de constater que l’utilisation d’un outil de micro-blogging a changé une audience en foule et a engendré des comportements de « bande ». Un fort sentiment d’appartenance à cette assistance a rassemblé et soudé les individus qui se sont « ligués » contre la journaliste. On a un exemple de création d’une  bande, un « nous » avec son comportement propre accentuant par une dynamique grégaire ses « humeurs » versatiles et ses positions plus radicales.

La peur et la haine de l’autre sont ainsi des liants très puissants des tribus.
Ces affects sont utilisés pour faire face à la menace des tribus voisines. N’oublions pas que chaque tribu lutte pour sa survie et quand elle le peut, essaiera d’étendre son territoire. La notion de territoire est ainsi fondamentale.
Les réseaux sociaux sur Internet en donnent une illustration remarquable puisqu’ils sont étroitement liés à la notion d’espace. Les groupes créés sur Facebook relèvent de cette logique, ou l’appropriation d’une plateforme comme AgoraVox, OhMyNews par des habitués ou les skyblogs par les adolescents. Les personnes qui sont à l’intérieur du territoire défini par la tribu appartiennent à celle-ci et doivent donc en respecter les règles et les symboles au risque de se faire exclure.
La logique d’extension est visible : multiplication des amis (celui qui aura le plus d’amis), volonté d’audience des blogs afin de se faire citer, notamment par les blogs amis et volonté de respect et de reconnaissance en allant soi même commenter les articles des amis.

A l’inverse, on observe parfois une volonté de nuire délibérément chez ceux que l’on considère comme ennemi : multiplication des commentaires négatifs et des critiques virulentes, « trollisme » afin de décrédibiliser la plateforme etc. la volonté est alors de s’approprier l’espace de manière offensive.

 

 


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