Le Japon et les Etats-Unis expriment deux cultures radicalement différentes quand il s’agit de se présenter et d’échanger ses cartes de visite.
La société japonaise est très hiérarchisée et les relations humaines extrêmement codifiées. Si vous tendez votre carte à un Japonais pour la première fois, vous serez sans doute étonné par sa réaction : la tenant à deux mains, il marque un temps d’arrêt d’une bonne seconde pendant laquelle, le visage presque fermé, il en « scanne » toutes les informations. Il veut par là d’abord savoir à qui il a affaire et dans quel rapport hiérarchique il se situe par rapport à vous. Ceci va déterminer sa deuxième posture : son degré d’inclinaison du buste, la marque de considération plus ou moins appuyée qu’il doit vous témoigner. Être trop désinvolte vis-à-vis d’un personnage important serait disqualifiant. À l’inverse, montrer trop de civilité à un assistant le rendrait ridicule aux yeux des témoins.
Lorsque vous allez aux Etats-Unis en revanche, rien d’aussi formel. Le climat est plus convivial, l’échange de cartes se fait naturellement et la démarche est extrêmement pragmatique. La première question que se pose votre interlocuteur est en fait : « Quelle relation de business je peux établir avec ce nouveau contact ? » Il embraye ainsi aussitôt sur des questions de découverte souvent assez directes (vos clients, vos modalités d’intervention, le coût de vos prestations…). De même, les cartes sont annotées, classées (avant dans les fameux tourniquets Foldex, maintenant numérisées dans les agendas électroniques) et si une prochaine rencontre a lieu, il y a fort à parier qu’il consultera votre carte archivée et annotée avant le rendez-vous, voire l’emportera avec lui.