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Un mental d’acier
Mise en ligne : Décembre 2013

Un mental d’acier pour mieux réseauter.


Non seulement vous avez pour ambition de développer votre réseau relationnel, mais en plus, vous voulez y prendre du plaisir. Et s’il suffisait d’y croire ? Un coach sportif et Edgar Grospiron vous révèlent comment agir sur vos croyances et vous regonflent à bloc !

Pier Gauthier Jean-Marc Sabatier
Pier Gauthier, coach et préparateur mental de sportifs de haut niveau, co-auteur avec Jean-Marc Sabatier de La force du mental, Editions Dunod.



Edgar Grospiron
Edgar Grospiron, triple champion du monde de ski à bosses et médaille d’or aux Jeux Olympiques de 1992. Aujourd’hui consultant indépendant pour le management de la performance et de la motivation.


Sommaire
Bonnes feuilles :
Du plaisir au cœur du travail.
Bonnes feuilles :
Des croyances.
Témoin Edgar Grospiron :
Une expérience vécue.
Exercice pratique :
Croyances limitantes et croyances stimulantes.

Bonnes feuilles :
Du plaisir au cœur du travail.

La force du mentalExtrait de La force du mental par Pier Gauthier et Jean-Marc Sabatier, Editions Dunod.


Il y a beaucoup de sportifs qui vivent leur carrière comme une souffrance. Ils sont dépendants de la victoire ou de la réussite pour se sentir bien. Ils sont persuadés qu’il n’y a que le travail qui paye et ils oublient avant tout qu’ils ont choisi cette voie car elle était leur passion. Quand petits, ils allaient jouer des heures au foot ou au tennis, c’est uniquement (à part quelques exceptions) parce qu’ils adoraient ça. Comment se fait-il qu’ils aient oublié cela ? Ne dit-on pas « aller jouer » au tennis ou au foot ? Certains joueurs sont tellement prisonniers de cette idée fausse « qu’il n’y a que le travail qui paye », qu’ils se coupent de leur côté enfant, joueur, créatif.

Bien sûr, lorsque l’on veut réussir, une dose de travail importante est nécessaire. Pour autant, peut-on réduire la réussite à cela ? Celui qui reste uniquement dans la valeur travail risque de perdre la valeur plaisir essentielle au jeu avec le risque de s’user ou de se blesser…


Exemple
Pour beaucoup de joueurs, leur réussite est autant due au plaisir, au jeu, qu’à la notion de travail. En 2001, Sébastien Grosjean a réalisé sa meilleure saison en trouvant l’équilibre entre l’entraînement nécessaire et le développement de la notion plaisir et de son côté joueur sur un court. Il a développé une façon de jouer qui correspondait à son entraînement et à sa personnalité. Contre André Agassi en quart de finale à Roland Garros, il a complètement fait perdre sa lucidité à son adversaire en produisant un jeu plein de changements de rythme, d’amortis et d’accélérations de coup droit. Très loin d’un jeu répété encore et encore à l’entraînement. Il n’est pas démontré qu’en s’entraînant beaucoup plus durement il aurait eu de meilleurs résultats.

Expérience vécue

J’entraîne Jérôme à raison de 2 à 3 heures par jour entre les tournois et moins entre les matchs. Nous faisons par contre des entretiens réguliers pour travailler sur l’aspect mental et pour préparer ou débriefer les matchs. Nous n’avons pas de préparateur physique avec nous. Je suis persuadé que l’atteinte de son objectif passera plus par sa capacité à exploiter son jeu étincelant dans les matchs qui font la différence, que par une surcharge de travail tennistique ou physique pendant de longues heures journalières. J’ai également peur qu’en le faisant travailler 6 heures par jour, il ne perde cette notion de jeu et de plaisir d’être sur un court.

Pourtant, infl uencé par cette croyance (« il n’y a que le travail qui paye ») et subissant des pressions extérieures (« il doit travailler plus », « il doit prendre un préparateur physique »…), le joueur aborde le sujet lors d’un entretien :

  • Tu ne crois pas que je devrais travailler plus et prendre un préparateur physique ?
  • Oui pourquoi pas, mais toi, tu en penses quoi ?
  • Je me pose la question.
  • Pour travailler quoi exactement : la force, la vitesse, la résistance ?… Je trouve que tu es peut-être le joueur le plus rapide du circuit.
  • La résistance et l’endurance, pour être capable de jouer plus longtemps.
  • OK, on peut mettre cela facilement en place. Cependant, avant, je voudrais te poser une question. Depuis que tu es sur le circuit, combien de matchs as-tu perdu en étant fatigué ?
  • (Longue réflexion.) Aucun.
  • Comment ça, aucun ? Tu veux dire que tu n’as jamais perdu à cause de la fatigue ?
  • Non, jamais.
  • D’accord, et quel serait l’inconvénient ou le danger pour toi de rajouter des heures de travail physique tous les jours ?
  • Et bien, c’est possible que je prenne moins de plaisir à m’entraîner.
  • OK, donc si je comprends bien ce que tu dis, tu n’as jamais perdu un match à cause de ton physique, et tu prendrais moins de plaisir si tu travaillais plus.
  • Oui.
  • Bon, alors je te propose que l’on continue comme cela et on fera un point à la fin de l’année. On verra si ton objectif est atteint et s’il y a des choses à améliorer dans notre système.
  • OK.

Le joueur n’a jamais reparlé de prendre un préparateur physique à plein-temps. Nous avons continué comme cela jusqu’à la fin de l’année et il a eu ses meilleurs résultats les mois qui ont suivi. Il n’a jamais manqué de fraîcheur physique ou d’explosivité. Il jouait au contraire un tennis plein de « fun » et d’engagement. Il y a de plus en plus de joueurs qui ressemblent à des machines, ne laissant aucune place au jeu dans les entraînements et les matchs. Pourtant, il semble que les meilleurs prennent avant tout un grand plaisir dans ce qu’ils font, que ce soit en s’entraînant peu ou énormément. Roger Federer, qui a tout gagné, continue à s’entraîner dur et à voyager toute l’année pour jouer des tournois car son métier le passionne et lui procure beaucoup de plaisir. Il explique d’ailleurs que s’il a accompli autant d’exploits, c’est en grande partie grâce à sa passion et au plaisir de pratiquer son sport : « Je ne suis pas venu à ce sport pour réaliser tout ça. Tout ce je voulais, c’était me faire plaisir, vivre un rêve depuis tout petit. Ça doit rester le thème central quand je joue au tennis : me faire plaisir. »

Ceux qui réussissent ont compris l’importance du plaisir et de la passion comme moteur de la performance. Ils sont sortis de la vision réductrice qui associe souffrance et résultat pour, à la place, mettre en place une pédagogie de la réussite qui allie plaisir et exigence.

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