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Réenchanter votre relationnel.
Mise en ligne : Juin 2013

7 secrets pour réenchanter votre relationnel.



Secret n° 2 – Le protagoniste

« Prenez un personnage auquel le lecteur puisse s’identifier, ni franchement mauvais ni trop parfait et faites-lui vivre des aventures qui l’amènent à passer du bonheur au malheur ou vice versa à travers maintes péripéties1 ».

Il est très rare qu’une histoire sans protagoniste nous touche : la présence d’un héros est un facteur très fort d’identification. Il permet au narrataire d’imaginer sa place dans l’histoire. Mais attention, ce héros fonctionne d’autant mieux qu’il est « transparent ». Un caractère trop fort empêche l’identification. Quand on interroge les spectateurs sur leur personnage préféré dans Blanche-Neige et les Sept Nains, ils citent Simplet ou Grincheux, rarement Blanche-Neige elle-même. Mais c’est pourtant à elle qu’ils s’identifient. Pour éviter une « incarnation » trop précise, qui fige, on a parfois recours à une voix off. Plus facile de s’identifier à quelqu’un qui n’a ni nom ni visage…

Attention cependant à ne pas pousser cette transparence trop loin : à Disneyland en Californie, ouvert en 1955, dans l’attraction qui porte son nom, Blanche-Neige n’était pas présente puisque les visiteurs étaient censés « être » elle, voir par ses yeux. Mais devant l’incompréhension du public et les plaintes des enfants (« Elle est où, Blanche-Neige ? »), pour la version de Disneyland Paris en 1992, le personnage a été réintégré dans toutes les scènes !

Dans le storytelling d’entreprise, le héros est le plus souvent la marque ou son produit. Mais ce peut être aussi son fondateur. Les entreprises de type jeudi n’aiment pas parler d’autre chose que d’elles et ce schéma leur convient parfaitement. C’est le cas du luxe où le client est poliment prié de n’être qu’un admirateur, admis de loin à vénérer l’objet présenté. En revanche, les entreprises de type mercredi peuvent avoir intérêt à faire de leurs clients les protagonistes de leur storytelling pour jouer la complicité, la proximité. C’est une tendance de plus en plus répandue avec le développement du web 2.0.

On peut même prendre pour héros un anti-héros, comme Rodolphe, le « geek » qui a fait les beaux jours de la communication de Free. C’est souvent le cas avec les entreprises de type samedi, qui ont fait de l’irrévérence leur fond de commerce. Toutes les histoires n’ont pas besoin d’être consensuelles.

Toutes les configurations apparaissent donc possibles. Ce qui conditionne le type de héros choisi c’est bien sûr sa quête…


Qui sera le héros de votre histoire ? Qui peut le mieux « l’incarner » : l’entreprise, le fondateur, le consommateur ? Avant de trancher, essayez d’envisager différentes possibilités.

Secret n° 3 – L’antagoniste

« Mon personnage préféré ? Mais la sorcière, bien sûr ! Meilleur est le méchant, plus réussi est le film » : c’est par un de ses plus célèbres aphorismes qu’Alfred Hitchcock a répondu à cette question. Le maître anglais du suspense venait en effet d’assister à la première de Blanche-Neige et les Sept Nains2 de Walt Disney, en 1937.

Le méchant peut être personnifié – c’est le concurrent à dépasser ou celui qui vous menace, un lobby bruxellois qui vous met des bâtons dans les roues, etc. – ou pas : la crise, la mondialisation… Désigner un méchant est souvent pratique quand on crée un storytelling destiné à mobiliser les salariés. Il faut néanmoins faire attention à ne pas céder à l’aveuglement et à la paranoïa, à la façon dont la direction de Renault a pu se retrouver au coeur d’un incroyable scandale de faux espions en 2011. À force de désigner des ennemis partout, on finit par les voir… Il ne faut pas prendre au premier degré l’affirmation du patron d’Intel, Andy Grove, qui a intitulé ses mémoires : Seuls les paranoïaques survivent3.

Dans un schéma actanciel classique, l’antagoniste est presque toujours le miroir du protagoniste, une sorte de reflet aussi sombre que le héros est lumineux. Il y a là matière à réflexion bien entendu, comme si l’un ne pouvait se concevoir sans l’autre : « Même dans les vieilles histoires, la différence entre une fée et une sorcière n’est que d’âge et de grâce » a écrit Umberto Eco mettant en lumière cette complémentarité4. Mais dans un storytelling d’entreprise, la présence du « méchant » n’est pas obligatoire même si c’est un facilitateur appréciable. En effet, le « gentil » se révèle mieux dans l’adversité et rien ne serait plus ennuyeux qu’une quête sans obstacle. En tant qu’entreprise, Apple s’est toujours construit « contre », changeant d’adversaire au fur et à mesure que ces derniers étaient plus ou moins vaincus : IBM à ses débuts, Microsoft hier, Google aujourd’hui. À défaut d’un véritable antagoniste, au moins faut-il que les péripéties rencontrées par le protagoniste forment un enjeu suffisant pour susciter l’intérêt des narrataires.


La quête de votre héros nécessite-t-elle un antagoniste ? Si oui, qui est-il (ou qui sont-ils si vous en avez plusieurs) ? Comment s’oppose-t-il à la réalisation de votre quête ?

 

1. Umberto Eco, De Superman au surhomme, Livre de Poche, 1995.
2. In Dave Hand, Blanche-Neige et les Sept Nains, Walt Disney Studio Home Entertainement, 2009 (bonus de l’édition blu-ray).
3. Andy Grove, Seuls les paranoïaques survivent, Village Mondial, 2004.
4. Umberto Eco, Le Cimetière de Prague, Grasset, 2011.

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