Place des réseaux avecBouygues TelecomVerisign
 
 
Réenchanter votre relationnel.
Mise en ligne : Juin 2013

7 secrets pour réenchanter votre relationnel.



Secret n° 4 – La crise

« Les familles heureuses se ressemblent toutes. Les familles malheureuses sont malheureuses chacune à leur façon1 ». C’est sur ces mots que s’ouvre Anna Karénine.

Pour intéresser le narrataire, le narrateur doit placer des obstacles sur la route du protagoniste, indépendamment de la présence éventuelle d’un antagoniste. « Le roi mourut et la reine mourut » n’est pas une histoire. « Le roi mourut et ensuite, la reine mourut de chagrin2 », oui.

Ce qui se conçoit aisément dans la narratologie traditionnelle peut néanmoins sembler paradoxal pour le storytelling d’entreprise. Passe encore pour la communication interne : invoquer l’élément « crise » permet de mobiliser (comme de lutter contre l’antagoniste). « Le Capitole n’est jamais loin de la roche tarpéienne » affirmaient les Romains pour rappeler que le succès est une chose fragile et qu’il ne faut pas se reposer ses lauriers. Mais les actionnaires, eux, n’apprécient-ils pas plutôt une « success story » sans aspérité, garante de bons dividendes ? En fait, inclure une crise parmi les éléments narratifs, c’est montrer l’anticipation de l’entreprise, c’est indiquer qu’elle saura y faire face. Par ailleurs, ce chemin pavé de pierres qui pourraient faire trébucher, c’est aussi la promesse d’intéresser les journalistes et les clients. Comme Umberto Eco le rappelle dans une série de « lois dramaturgiques » : « Tendez au maximum l’arc narratif afin que lecteurs et spectateurs éprouvent pitié et terreur à la fois3. »


Dans la quête que vous entreprendrez, quels obstacles jalonneront votre route ? Qui les y placera (l’antagoniste ?) ? Contre lesquels pouvez-vous vous mobiliser ? Y en a-t-il qui vous semblent insurmontables ?

Secret n° 5 – La résolution de la crise

« Quand la tension aura atteint son maximum, faites entrer en action un élément qui vienne démêler le noeud inextricable des faits et des passions en résultant. Que ce soit un prodige, une intervention divine, une révélation ou un châtiment inopiné, il faudra que cela donne lieu à une catharsis. »

Dans les histoires traditionnelles, s’il y a crise, il doit y avoir résolution de ladite crise. Elle termine la quête du héros qui retrouve son paradis perdu dans le meilleur des cas ou connaît une fin dramatique dans le pire.

En matière de storytelling d’entreprise, la résolution de la crise ne saurait être que positive : on ne peut pas théoriser l’échec du storytelling ! Cette résolution marque donc l’accomplissement de la quête. Autrement dit, elle se présente sous une forme mesurable : le héros est-il devenu le numéro 1 ou la marque préférée de ses clients comme il l’ambitionnait ?


Qu’est-ce qui marquerait la fi n de votre quête ? Pensez-vous être capables d’y parvenir (antagoniste/crise) plus ou moins facilement ? Si oui, n’avezvous pas manqué d’ambition au début de votre storytelling ? Si non, ne risquez-vous pas le découragement avec une quête qui serait véritablement « l’inaccessible étoile » ?

 

1. Tolstoï, Anna Karénine, La Pléiade, 1955.
2. Nassim Nicholas Taleb, op.cit.
3. Cette citation et la suivante : Umberto Eco, De Superman au surhomme, op.cit.

Page précédente Retour au débur Page suivante
Retour à Réseau relationnel Haut de page
 




Bons plans

Annuaire des réseaux