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Les clés pour prendre une bonne décision à plusieurs.
Mise en ligne : Décembre 2014

Les clés pour prendre une bonne décision à plusieurs.




Quels premiers enseignements tirer de cette présentation ?


Dans la suite de ce chapitre, nous reprendrons le scénario du film pour suivre la manière dont est conduite la délibération. Ce sera l'occasion d'une seconde série d'enseignements.

Cette palette de portraits permet de retrouver bien des comportements et des attitudes que l'on peut observer dans des réunions d'équipes. Nous nous concentrons en premier lieu sur ce qui relève de l'implication de chacun dans la décision collective, autour du dispositif de prise de décision, de la capacité à accueillir des points de vue différents, des préjugés et des comportements :

Dispositif de prise de décision : le dispositif n'est pas cadré. Le juré 1 est visiblement chargé d'animer les débats. On ne sait ni qui l'a désigné, ni quel est le contour de sa mission. Le plus souvent, il ne fait que suivre ce qui est demandé par l'un ou par l'autre. Parfois, il perd le contrôle du groupe. À sa décharge, à l'une ou l'autre reprise, il maintient le cap, en rappelant à l'ordre pour que la méthode choisie soit poursuivie jusqu'au bout. Il se présente comme un animateur a minima.

Accepter de douter : « Et si on se trompait ? », c'est la première question que pose le juré 8. Comme nous l'avons déjà précisé, il est entré dans la salle avec en poche une preuve que l'accusation se trompe au moins sur un point. Il estime aussi que la vie ou la mort d'un jeune de 18 ans ne se décide pas en un quart d'heure, qu' il faut en parler. Ayant pris de la distance pendant le procès, il a des questions sur tout ce qu' il a entendu. Il attend de l'échange d'être éclairé sur ces questions. Il est le véritable animateur des échanges.

Stéréotypes et préjugés : l'accusé est issu d'un milieu pauvre, battu par son père dans son enfance et son adolescence. Pour la plupart des jurés, ce garçon qui a connu la violence dès son plus jeune âge ne peut être que violent et par voie de conséquence, certainement coupable.

Comportements : la pièce, comme le film, montre que la décision collective est constituée de l'addition de décisions individuelles. Chaque juré se détermine avec son tempérament, son histoire personnelle et sa manière d'être dans la vie. Se mêlent tous les ingrédients de ce qui peut s'échanger dans un groupe d'hommes - où les femmes ne sont pas représentées : réactions instinctives, raisonnements, émotions, souvenirs et expériences de vie...

Richesse de la délibération : alors que dans les premières images du film le jeune accusé n'est montré que très rapidement au spectateur, la délibération d'une heure trente permet d'apprendre à le connaître. Le rappel, par les uns et par les autres, d'éléments du procès donc ils se souviennent aide à reconstituer une partie de l'histoire de ce jeune et livre les éléments clés de l'accusation. Les interventions de chacun des jurés font comprendre aussi quels sont les sentiments qui les habitent à son égard. Les analyses successives des accusations portées contre ce jeune ouvrent à une plus grande objectivité. Cette délibération montre ainsi que la richesse de la décision collective provient du croisement de subjectivités qui s' ouvrent ainsi à une plus grande objectivité.

Leadership : le juré 8 nous est montré d'entrée de jeu, dans le film, comme celui qui a déjà pris de la distance par rapport au procès. Pendant toute la première séquence tandis que les autres jurés prennent place dans la salle, il se tient debout, immobile en face d'une fenêtre, regardant au dehors. Mais on le sent préoccupé. Dès le premier vote, il prend le leadership du groupe et se révèle en être le véritable animateur. Il ne sait pas si l'accusé est coupable ou non. Et jusqu'au bout il garde ce doute. Mais au cours du procès, il a ressenti que l'accusation voulait trop prouver. Aussi, il pose une question : « Et si on se trompait ? » Y a-t-il ou non des doutes sur la culpabilité de l'accusé ? Les réactions de l'un ou de l'autre, rappelant des éléments que lui-même n'avait pas mémorisés ou sur lesquels il n'avait pas réfléchi, apportent de l'eau à son moulin. Cette question qui est la sienne, du seul fait qu'il en cherche vraiment la réponse, il la fait partager au groupe. Tout en rappelant régulièrement l'enjeu principal de leur réunion. En cela, il se montre un véritable leader. Peu à peu, plusieurs jurés reconnaissent à leur cour qu'il y a doute, pour des raisons qui sont devenues les leurs. Mais encore une fois, il obtient ce changement parce qu'il s'interroge lui-même le premier. Il veut comprendre ce qui tient ou ce qui ne tient pas dans l'accusation.


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